Il a joué à Augusta! - Hooligns
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Il a joué à Augusta!

Il a joué à Augusta!

C’est enfin le Masters! Tous les amateurs de golf se tourneront vers Augusta National cette fin de semaine pour regarder attentivement le plus grandiose et le plus spécial des tournois. L’un d’eux scrutera les faits et gestes des meilleurs golfeurs au monde avec un œil différent, un œil rempli de souvenirs. Il s’agit de l’éditorialiste de La Presse, Paul Journet.

Paul-Journet_photo

Très… très rare sont les Québécois de notre génération qui peuvent (et pourront) se vanter d’avoir foulé les allées du parcours Augusta National. Paul Journet est l’un de ces très rares,  voire le seul à avoir joué Augusta. Pour vrai!   

De 2008 à 2010, Paul a eu l’occasion de se rendre à l’Augusta National pour couvrir le Tournoi des Maîtres à titre de journaliste pour le compte de La Presse. En 2010, sa visite annuelle au « paradis en plein milieu de rien en Georgie » s’est transformée subitement en expérience exceptionnelle qui saura susciter la jalousie de tout golfeur.

Chaque année, le lundi suivant le Masters, 16 journalistes sont invités par l’Augusta National à disputer une ronde sur le parcours mythique. Ceux qui sont intéressés à participer à la lottery doivent en informer les organisateurs dès leur arrivée en début de semaine. Et c’est le dimanche, avant la ronde finale, que le très attendu tirage a lieu.

« L’excitation est passée à la panique assez vite! », se rappelle Paul Journet, rejoint au téléphone par Hoolig’ns Golf. « Je devais couvrir la ronde finale pour le journal, mais je devais rapidement me trouver des bâtons de golf pour le lendemain ». C’est qu’il n’y a pas de vieux sets de location au proshop de l’Augusta National. Tu veux jouer, trouve-toi des bâtons!

« Après plusieurs appels, j’ai réussi à convaincre un professionnel d’un petit club semi-privé situé à la limite de la Georgie de me louer ses bâtons pour le lendemain. Dès 7h le lundi matin, après une trop courte nuit, j’étais déjà à sa porte pour pouvoir en prendre possession ». C’est avec un sentiment d’imposteur que Paul s’est présenté devant le pro en question. « Lui qui demeure à quelques minutes du parcours d’Augusta, qui n’aura jamais de sa vie la chance de pouvoir y jouer, se retrouvait à louer ses bâtons à un jeune sorti de nulle part, à l’accent québécois, pour lui permettre à lui, de réaliser ce rêve ultime de tout golfeur ».

C’est une heure à l’avance que le golfeur à l’accent québécois s’est présenté pour sa préparation d’avant ronde. « On était début avril. Je n’avais pas frappé une seule balle depuis le mois de septembre. Ça ne se passait pas comme souhaité dans le champ de pratique », avoue candidement le journaliste. « Je frappais des grosses slices, je frappais gras. Je ramassais des mottes de terre pas possible. J’avais peur de ce qui se passerait une fois sur le parcours ». Mais après quelques conseils de son caddy, qui en avait vu d’autres, la trajectoire de balle s’est recentrée pour lui permettre d’espérer pour le mieux.

Augusta

« Ce qui était décevant, c’est qu’on ne pouvait pas jouer le parcours d’en arrière, sur les départs des pros de la PGA et de pouvoir jouer les mêmes coups. Au lieu de le jouer à 7 400 verges, on devait le jouer sur les tertres des invités à 6 300. Comme, c’est un parcours qui roule très vite, je me retrouvais souvent avec des wedges en main pour ma rentrée au vert ». Cela n’en fait pourtant pas un parcours facile.

Le plus gros défi à Augusta, c’est le putting. « C’est tough en maudit! », échappe-t-il. « Ce que la télé ne rend pas justice, c’est que les verts sont beaucoup plus petits qu’on le croit. Et ils sont tellement ondulés que certaines parties de ces verts sont injouables ». Et le dénivelé des trous est aussi très intimidant. « On ne s’en rend pas compte tant qu’on ne le joue pas, mais les côtes sont parfois très abruptes. Le trou #1 monte. Ensuite le trou #2 descend. Et ainsi de suite. On ne soupçonne jamais ça en regardant la télé, mais ça rend le parcours encore plus difficile, puisque tu n’as jamais les pieds droits ».

Ce qui fait la beauté d’Augusta et du Masters selon Paul Journet, c’est la conception même du parcours. « Chaque trou est différent. Et les trous sont faits d’une telle façon, que le tournoi est très excitant à suivre. Chaque joueur peut se sortir du trouble de n’importe où et réussir un birdie ou un bogey sur le même trou. Aucun meneur n’est à l’abri. Même moi, j’ai pu réussir de bons coups qui resteront gravés dans ma mémoire toute ma vie. »

Son score lors de cette ronde? Paul voulait le garder pour lui. « C’est personnel », comme il le dit. Mais ses supérieurs de La Presse l’on sommer d’en informer son lectorat. « J’ai joué 81 à Augusta », titrait-il deux jours plus tard. Je n’étais pas content de ne pas casser le 80, d’autant plus que j’avais fait des erreurs plates à la fin de ma ronde. Comme un 4 putts pour ramener un double bogey au #16. Mais c’est une expérience que je n’oublierai jamais! »

Un endroit d’exception

Au fil de ses visites à Augusta, ce que Paul a observé et retenu, c’est évidemment la beauté des lieux. « Ça sent le printemps! » se remémore-t-il. « On voit les fleurs éclore, on entend les oiseaux chanter. C’est apaisant comme endroit, c’est magnifique, sublime, invitant ».   

Au-delà de l’attention soignée portée au parcours et aux alentours du clubhouse, c’est aussi l’aspect cérémonial du Masters que Paul se souvient. « C’est un événement sportif unique, avec une ambiance et un respect qu’on ne voit dans aucun autre sport. Les organisateurs ont le même respect pour les golfeurs que pour le public. Ce n’est pas un racket qui vise à faire de l’argent au maximum. Les sandwichs sont 3 $, la bière est 3 $. C’est comme ça depuis des années. Ils pourraient toujours la vendre 10 $, la bière, mais non. Ils ont décidé, avec les années, de conserver l’aspect sportif de l’événement ».

Ce respect est aussi perceptible chez les amateurs qui réussissent à mettre la main sur l’un des billets les plus convoités du sport.  « Les patrons respectent l’endroit comme nulle part. Tu ne verras personne jeter un papier par terre. Les gens sont silencieux. Ils regardent et suivent les golfeurs avec attention et admiration. Tu n’entendras personne crier You’re the man ou Get in the hole! Personne ne se bouscule. Tout le monde est poli. C’était tout simplement unique comme expérience ».

À savoir si Paul Journet espère maintenant se permettre une ronde sur un autre parcours de golf d’exception, il avance sans hésiter les parcours de Cypress Point ou de Pebble Beach. Par contre, si ce n’était que de lui, c’est à Augusta National que Paul aimerait surtout avoir la chance de jouer à nouveau. Pour peut-être, cette fois-là, y casser le 80.

À lire : « J’ai joué 81 à Augusta. »